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vendredi 13 mai 2011

Etre...*



Être, émerger du silence
Voir briller au soleil
Les givres de mon coeur
Présage d'un printemps meilleur

*posté à nouveau après le méga-plantage de Blogger..

jeudi 12 mai 2011

L'armoire

J’ai enfin fini la chambre du fils. Nous sommes maintenant tous les trois à l’étage supérieur, c’est plus agréable. Il continue à utliser la salle de bain du bas et je suis content que ce ne soit pas une grosse contrainte pour lui car la perspective de devoir instaurer et gérer des plannings d’utilisation entre lui et sa sœur m’inquiétait un peu…

Il a un lit mezzanine qu’il m’a fallu un peu de temps à démonter mais un peu moins à remonter , il m’a aidé. Sa chambe fait 20 m². Elle est coupée par une paroi qui sépare la partie couchage de la partie bureau ordinateur.

Quand j’ai eu fini de monter la machin lit, je me suis dit que j’aurai du mettre l’ancien lit mezzanine neuf de sa jeune sœur (il lui parait trop grand pour sa nouvelle chambre… qui a dit que les filles adolescentes étaient, comment dire, « exigeantes » ?) car le-dit possède en plus un canapé lit dépliant. Ceci lui aurait permis d’avoir un coin « salon » - peu lumineux certes – mais bien pratique pour jouer à la WXYbox quand il l'a chez moi et ou reçoit des copains. Seulement, redémonter les deux trucs, les déplacer, les reconstruire me semble au-delà de mes forces.

Hier en fin d’après midi, nous avons déplacer et réassemblé une grande grande armoire dans la chambre du bas libérée. Libérée ou presque car le fils y a oublié environ 1,5 T d’affaires. Des choses « anciennes » qu’il ne souhaite plus avoir dans sa chambre mais qu’il ne faut pas jeter pour autant… Je ne lui en veux pas, je suis aussi un peu (beaucoup) comme ça. J’ai du mal à éliminer ce qui pourrait servir, ce qui a un soupçon de valeur sentimentale, ce qui... etc. Mais au final, cela représente un volume non négligeable à caser.
La visseuse a indiquée « batterie faible » pendant les opérations pour finir par ne plus fonctionner du tout. Cela a commencé à me mettre de bonne humeur…
La difficulté à bouger les grands montants et panneaux dans le bazar environnant a continué à me metttre de bonne humeur…
Et quand à la fin, j’ai vu qu’une pièce centrale servant au maintien et au coulissage des portes était montée à l’envers – je ne l’ai pas vu tout de suite, c’est l’impossibilité à remettre les portes qui m’a fait observer ce détail subtil – j’ai été de très mauvaise humeur…

J’ai préféré attendre que la batterie de la visseuse soit chargée pour me lancer dans la «correction » du problème : la perspective de dévisser puis revisser une vingtaine de vis au tournevis les bras en l’air ne me tentait pas. Sans doute un manque de goût pour l’effort.
La petite opération qui devait ne prendre que 30 minutes en aura pris 4 fois plus. Quand j’ai fini, le fils avait fort prudemment quitté la scène : mon répertoire de gros mots doit commencer à dater un peu, il n’avait rien à apprendre. Et puis, il sait que quand les choses chutent sur le sol ou s’entrechoquent, elles produissent des bruits qui ne sont pas forcément mélodieux.

Vendredi soir et samedi je reste seul. Je ferme les fenêtre et les volets – je ne voudrais pas être dénoncé par les voisins et risquer l’internement pour comportement inquiétant – et je continue le bricolage et les déplacements d’objets.

mercredi 11 mai 2011

dimanche 8 mai 2011

Early wake up

J’ai lu depuis 4h30 ce matin.

Vers 6h30, j’ai basculé le lourd volet métallique. Astucieux ancien principe qui permet de se protéger du soleil l’été tout en laissant rentrer la lumière. Incliné de la sorte, il m’a laissé voir un jour gris. Mais les chants des oiseaux ont été plus forts, comme pour atténuer la déception apportée par ce jour blafard. Calme matinée dominicale printanière où l’on redécouvre les bruits de la nature après avoir passé des mois à garder portes et fenêtres closes pour se protéger du froid.

Ce matin, pas de petit déjeuner à préparer pour le grand-père. Lui ai-je pardonné ? Lui pardonner quoi d’ailleurs ? D’avoir été peu présent ? Mais l’a t-il seulement été ? Peu présent avec mes enfants oui, c’est certain. Peu intéressé par leurs vies et les étapes qu’ils franchissaient, c’est une évidence. Mais par la mienne ? Mon ex-femme ne me reprochait-elle pas il y a des années ses intrusions trop fréquentes dans notre quotidien ?

Il y a des choses que je n’oublierai pas. Comme cette fois où, bénéficiant d’une permission exceptionnelle, je me suis vu refusé l’accès au domicile familiale car mon père recevait une amie. Et alors ? Et ne m’est-il pas arrivé de dire à mes enfants à l’occasion d’un week-end que je souhaitais le passer avec ma-dame car je ne l’avais pas vu depuis 2 semaines ? Il a eu sa part de souffrance lors de l’agonie de son épouse.

Je crois que c’est surtout le manque d’intérêt qu’il a semblé porter à mes enfants qui reste inscrit de façon indélébile dans notre histoire entre nous. Je lui ai pardonné dans une certaine mesure. Je l’appelle à nouveau « papa », je lui frôle la joue de ma main.

A suivre…

samedi 7 mai 2011

Impasse (ta route)

Demain, je raccompagne mon père à Paris avec grande-majeure. Il n’a plus de médicaments et doit voir son médecin. Je lui ai dit que je pouvais appeler le médecin pour qu’il transmette une ordonnance mais je me suis vu opposer un « non c’est plus simple » puis un grand silence et un regard fixé dans le lointain. Le grand-père est têtu, très têtu.

Je dors très mal. L’idée de l’abandonner dans son taudis pour au moins deux semaines me rend malade. Je vois que sa démarche devient plus hésitante, que son équilibre est moins stable et… il conduit !

J’ai honte. Je n’ai pas cherché d’appartement pour lui ici. L’idée de devoir me battre pour qu’il en trouve un correct me semble au dessus de mes forces. Et puis, je ne l’imagine pas arrivant à se situer dans un environnement complètement nouveau. Il sera perdu. Il se perdra. Ma maison est en ville mais pas en centre ville. Il y a une épicerie, une boucherie, une maison de la presse, mais pas de restaurant. Car mon père mange normalement à l’extérieur tous les midis. Une façon de se changer les idées et de voir du monde. Comment pourrait-il reconstruire cela ici ? Je ne peux donc pas le garder chez moi : je n’y suis pas tout le temps et j’ai passé exceptionnellement deux semaines en vacances et « home office » pour préparer à manger le midi et le soir et allumer la télé (car avec ces deux télécommandes et sa « box », notre système est bien trop compliqué pour lui. Résultat des courses, même en me levant à 5h30, j’ai accumulé un retard incroyable.

Le garder chez moi ? : Pas possible, trop monotone pour lui et trop excentré.

Lui trouver un appartement ? : oh my god ! Comment pourrait-il s’habituer ?

Le laisser chez lui ? : Bien trop dangereux et in hygiénique.

Une maison de retraite ? : Mais vous n’y pensez pas !

Je vais lire.

vendredi 29 avril 2011

Sommation pour unités de con !

J’ai posé 3 jours et demi de congés cette semaine. J’en ai déjà perdu 1 et demi pour le boulot. 1 journée à travailler sur un gros dossier urgent. Une demi-journée en conférence téléphonique et appels divers. Un de mes collègues va faire 9 heures de route aujourd’hui pour aller voir le client. Il est en vacances aussi…

Il y a une enquête intéressante de l’INSEE en plusieurs rapports qui est sortie il y a peu.

« Les revenus et le patrimoine des ménages - Insee Références - Édition 2011 »

Le lien vers la page : http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/sommaire.asp?codesage=REVPMEN11

Lire aussi le résumé du Figaro : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/04/27/04016-20110427ARTFIG00682-un-francais-sur-deux-vit-avec-au-moins-15808364-par-mois.php
Et non, on n’a pas besoin d’être à droite pour lire le Figaro pas plus que d’être à gauche pour lire Le Monde. Quand je prends l’avion, je prends les deux plus un journal américain pour avoir une troisième approche (dont une « extérieure »).

Dans l’enquête, On voit qu’il vaut mieux travailler, avoir des enfants et vivre en couple. Je simplifie outrageusement.
On voit aussi que le niveau de vie des cadres ne progressent pas aussi vite qu’on veut bien le croire… quand on n’est pas cadre.

Je suis adulte, je compte pour une unité de consommation (c’est beau comme terme…j’ai toujours su que je n’étais rien qu’un con de consommateur). Mes enfants sont des « 0,5 UC ». Il me semble pourtant qu’ils consomment beaucoup (courage les gosses, vous aussi un jour vous serez des UC complètes…). Nous sommes donc 3 UC. Et nous avons un niveau de vie supérieur au niveau médian… mais nous ne sommes pas dans les 10% les plus riches. J'ose à peine imaginer la vie de ceux qui sont sous le niveau médian (en fait si, j'ai des amis qui y sont...).

Conclusion, je ferme ma gueule, je suis favorisé (mais il faudrait que je sois en couple*). J’ai à peu près choisi ma vie du moins le fait d’être disponible pour ce qui me fait vivre aujourd’hui, c'est-à-dire mon travail. Ce ne sont pas mes dessins et musiquettes qui le feront. Et si j’avais choisi une carrière « artistique » il y a quelques (nombreuses) années ? Si je m’étais investi comme je l’ai fait dans la voie que j’ai finalement « préférée » (en fait, on a un peu décidé pour moi, j’étais malléable à l’époque…) ? Que serais-je ? En train de ramer certainement ! Mais bon, cela restera un regret tout de même. Bien sûr je pourrais essayer de travailler et placer mon côté artistique quelque part. Mais franchement le temps manque cruellement. Et en allant à la réunion de cette fin de matinée de vacances, en écoutant les âneries qui ne manqueront pas d’être débitées, en voyant certains faire le coq (et c’est quoi le féminin de cette expression ? Parce l'égalité des sexes existe dans la bêtise, c'est une certitude !!) devant le grand chef de la moitié du monde (le nôtre...), j’aurai certainement un pensée pour mes feuilles et pinceaux (souvent électroniques d’ailleurs…) !!

Quel est le but de cette pseudo réflexion ?
Unité de con, réveille toi !! C’est une sommation !

*en couple avec une femme ayant de bons revenus de préférence alors, car une "1/2 UC" sans revenus conséquents dégrade le niveau de vie...

jeudi 28 avril 2011

Projection

Devant la télé, le film avait commencé depuis cinq minutes.
- On a déjà vu ce film.
Je me tourne vers grande aînée, un peu surpris.
- Ah bon ? C’est curieux parce qu’il est récent. Nous non, c’est la première fois. Mais tu l’as vu où, à la télé chez toi ?
Il répond sans détourner la tête de l’écran :
- Non, hier soir ici.
Nous nous regardons avec grande aînée, je cherche un peu mes mots.
- … heu, et bien non, hier soir nous en avons regardé la télé ensemble et ce n’était pas ce film…

Ni hier soir ni jamais d'ailleurs.

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- Mais j’ai plein de chemises chez moi !
- Oui mais tu n’en as pris qu’une dans ta valise et tu restes 15 jours…

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- Ce sera trop petit.
- Ils sont en taille XXL ces slips, c’est très grand.
Il doit faire 1,75 m maintenant et ne pèse pas plus de 80 kg, c’est certain.
- Mais c’est vraiment trop petit.
N’ayant pas l’intention d’acheter du XXXL et jugeant que de toute façon rien ne conviendra car il l’a décidé, nous allons à la caisse avec les chemises, T-shirts et chaussettes que je lui ai pris.

Il faut que j’arrive maintenant à lui prendre son linge.

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- Quand je pense que je vais devenir comme ça, j’en éprouve comme une angoisse…
Je me sers un verre de rosé. J’allais continuer en ajoutant que – sans le désirer tout de suite car il est encore trop tôt - j’espère mourir avant. La vie vous montre parfois les images d’un futur que l’on ne veut pas connaître. Je me ravise, c’est déjà une erreur d’avoir fait cette remarque à voix haute devant grande aînée et j’ajoute sous forme de réflexion personnelle :
- J’espère qu’il est content d’être avec nous. Il mange bien et il y a du monde autour de lui, ça le change de son isolement.